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Le sentier sableux s’enfonce entre les pins, et au détour d’un virage le premier grès apparaît, gros comme une voiture, gris et rugueux. Léo, huit ans, a déjà posé les mains dessus avant que nous ayons le temps de dire quoi que ce soit. À Fontainebleau, le jeu commence là : des rochers partout, du sable pour amortir, et une forêt assez vaste pour que chaque enfant y trouve son propre terrain d’aventure.
Cette sortie se prépare facilement depuis Paris et convient bien aux enfants de 6 à 10 ans, qui ont l’énergie pour marcher mais aiment que le chemin leur propose des défis. Voici comment nous organisons un week-end là-bas, avec un rythme calme et des marges prévues pour les caprices de la météo.
Comment y aller
Depuis Paris, la gare de Fontainebleau-Avon se rejoint en train depuis la gare de Lyon, en environ quarante minutes. Un bus local relie ensuite la gare à la ville et à plusieurs départs de sentiers. Si vous venez en voiture, comptez environ une heure depuis le centre de Paris, un peu plus le vendredi soir. Depuis Nantes, d’où nous partons parfois, il faut prévoir une journée de voyage via Paris, ce qui rend plutôt un séjour de trois jours qu’un simple week-end.
Nous préférons le train quand les enfants ont cet âge : ils regardent par la fenêtre, jouent aux cartes, et personne ne conduit sur la route des vacances. En revanche, un véhicule simplifie les départs de sentier, souvent situés à quelques kilomètres de la ville. Dans les deux cas, les horaires et durées sont à vérifier avant le départ.
Samedi : les Gorges de Franchard
Nous commençons par le site des Gorges de Franchard, un des coins les plus connus de la forêt, avec ses chaos de grès et ses petits sentiers qui serpentent entre les blocs. Pour des enfants de cet âge, une boucle de deux heures de marche environ suffit largement, en comptant toutes les pauses d’escalade improvisée.
Le secret, c’est de ne pas fixer d’objectif de distance. Nous donnons simplement une mission : trouver trois rochers qui ressemblent à des animaux. Les enfants repèrent une tortue, un éléphant, un visage grincheux. Chaque pause devient un petit jeu, et la marche passe presque inaperçue.
Les marques colorées peintes sur les rochers, les balisages de bloc, intriguent beaucoup les enfants. Nous leur expliquons que ces parcours sont tracés pour les grimpeurs, qu’on peut les observer et même tenter les premières prises tout près du sol. Nous restons toujours à portée de bras, et les règles sont simples : on ne monte jamais plus haut que la hauteur d’un parent debout, on ne saute pas depuis un rocher, on teste chaque prise avant d’y mettre son poids.
Le pique-nique et la sieste des plus grands
Nous déjeunons sur une dalle plate, à l’écart du sentier. Le sable reste frais même par temps doux, et les enfants s’y installent comme sur une plage. En début d’après-midi, nous marchons vers la ville de Fontainebleau pour une pause plus tranquille : une glace, une promenade dans les rues, un regard sur les grilles du château. Un tour dans le parc du château ou dans ses jardins peut se glisser dans l’après-midi, mais nous le gardons facultatif, selon l’humeur.
Où dormir
Pour la nuit, nous cherchons un hébergement simple dans la ville de Fontainebleau ou à Avon, tout près de la gare : un petit hôtel de centre-ville, une chambre d’hôtes ou un gîte de bourg. L’avantage d’être en ville le soir est pratique, car les restaurants sont proches, les enfants peuvent marcher quelques minutes pour dîner, et nous évitons les trajets en voiture à la tombée de la nuit. Si le budget et la saison le permettent, un camping en lisière de forêt est aussi une option, mais mieux vaut le réserver à l’avance pour les week-ends de beau temps.
Après une journée de sable et de grès, les enfants s’endorment tôt. Nous en profitons pour préparer le lendemain en regardant la carte avec eux : ils choisissent un nom sur le plan, ce sera notre destination.
Dimanche : un sentier de roches et un coin de silence
Le deuxième jour, nous changeons de décor. Selon la météo et la forme de chacun, nous choisissons soit un sentier balisé dans le secteur du Mont Ussy, soit une boucle plus douce qui traverse la forêt et ses futaies de hêtres. Les enfants apprécient le contraste : après le chaos des rochers, de grands arbres droits, de la lumière en lames, un silence presque d’église.
C’est un bon moment pour proposer une petite mission d’observation. Chacun reçoit un carnet et un crayon, et doit noter ou dessiner cinq choses : une trace dans le sable, une feuille inhabituelle, un oiseau entendu, un insecte, une forme de rocher. À la fin de la matinée, nous comparons les carnets. Les enfants de 6 à 10 ans adorent cette étape, et le résultat reste en souvenir bien après le week-end.
Nous gardons le début d’après-midi pour le retour. Mieux vaut sortir de la forêt avec un peu d’énergie en réserve que sur les rotules : la fatigue d’un enfant qui a trop marché se paie dans le train.
Le retour
Le train depuis la gare de Fontainebleau-Avon permet de rentrer vers Paris sans stress. Nous évitons les dernières heures du dimanche soir, souvent chargées, et visons un départ en milieu d’après-midi. Les enfants dorment ou dessinent, et nous retrouvons la ville avec des chaussures pleines de sable que personne n’ose secouer sur le quai.
À savoir avant de partir
- Des chaussures de marche fermées, avec une semelle accrocheuse, sont préférables aux baskets lisses sur le grès.
- Prévoir une gourde par personne : les points d’eau sont rares dans la forêt.
- Le grès mouillé devient glissant. Après la pluie, nous évitons d’escalader et nous restons sur les sentiers.
- Un petit sac avec pansements, mouchoirs et vêtement chaud pour chaque enfant suffit.
- Les tiques existent en forêt : un contrôle des jambes et du cou le soir est une habitude simple à prendre.
- Le sable entre partout. Une paire de chaussettes de rechange pour le train est une bonne idée.
- Nous restons sur les sentiers balisés et nous emportons nos déchets, la forêt est un espace protégé.
Pour un week-end de ce type, nous retenons surtout une chose : laisser les enfants jouer avec le terrain plutôt que de les presser d’avancer. Horaires et durées à vérifier avant le départ, car les trains et les bus changent selon les saisons.


