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Le sentier des douaniers longe la mer sur des rochers roses arrondis, et Ugo, treize ans, avance devant avec la carte. C’est lui qui a choisi le tracé, après une soirée passée à comparer deux options sur le papier. Entre Ploumanac’h et Trégastel, sur la Côte de Granit rose, nous avons fait avec des préados un week-end de marche presque entièrement conduit par eux, et nous avons compris ce que veut dire « les laisser planifier ».
Associer les enfants dès la préparation
La semaine avant le départ, nous avons étalé la carte au sol. Ugo et sa sœur de dix ans ont repéré le GR 34, le sentier qui suit le littoral breton, et ont évalué les distances. Nous avons posé une seule contrainte : une première journée de longueur raisonnable, avec des points d’arrêt possibles et un accès facile à la route. Eux ont choisi les haltes, les plages, l’endroit du pique-nique. Quand les enfants décident, ils marchent plus volontiers, même quand l’étape devient plus dure.
Pour ce type de randonnée, nous avons aussi attribué des rôles : un enfant gère la carte et le cap, l’autre tient la gourde et surveille les pauses, un parent ferme la marche. Le lendemain, nous avons échangé les rôles.
Y aller depuis Nantes
Depuis Nantes, nous avons pris la voiture : trois heures et demie à quatre heures environ jusqu’à Perros-Guirec, par la voie express puis Saint-Brieuc et Lannion. En train, il est possible de rejoindre Lannion avec correspondance, puis un bus vers la côte, mais le trajet est plus long. Nous avons préféré partir le vendredi soir pour dormir sur place et commencer tôt le samedi.
Samedi : de Ploumanac’h à Trégastel
Départ de la plage de Saint-Guirec, avec son oratoire posé sur un rocher, puis le sentier côtier vers le phare de Mean Ruz. Le granit prend des formes étranges, des tortues, des chapeaux, des piles d’assiettes. Les enfants leur ont donné des noms et ont fait un concours de photos de la roche la plus bizarre. Cette marche de plusieurs kilomètres, avec des passages un peu techniques sur les rochers, demande une demi-journée environ avec les arrêts.
Ce qui a bien marché : couper l’effort en trois segments, chacun avec un objectif visible. Ce qui a moins bien marché : nous avons sous-estimé le vent sur les passages dégagés, et la sœur d’Ugo a eu froid aux oreilles. Un bonnet, même l’été, aurait suffi. À mi-parcours, un goûter sur une plage de sable clair a remis tout le monde en route.
L’après-midi, nous avons poursuivi vers Trégastel, où les rochers forment un véritable labyrinthe de passages à explorer. Les enfants ont escaladé, joué à cache-cache, puis nous avons terminé à la plage, pieds dans l’eau. Nous avons laissé de l’espace : un préado a besoin de grimper sans qu’un adulte lui dise quoi faire à chaque pas.
Dormir sur place
Nous avons passé la nuit dans un gîte à proximité de Perros-Guirec, dans un quartier calme à quelques minutes de la mer. Un camping de la côte ou une chambre d’hôtes dans l’arrière-pays conviennent aussi. Le critère décisif pour nous : une douche chaude, un endroit pour faire sécher les chaussures, et une cuisine où les enfants pouvaient préparer des pâtes après la marche. Nous avons réservé à l’avance, car la côte est très demandée l’été et pendant les vacances scolaires.
Dimanche : un autre tronçon, moins long
Le lendemain, les jambes étaient lourdes. Nous avons proposé un tronçon plus court, à partir de Perros-Guirec, en direction de la plage de Trestraou et de la pointe voisine. Les enfants avaient envie de s’arrêter plus souvent, de regarder les oiseaux marins, de chercher des coquillages. Ugo a même suggéré de rester au sommet d’un rocher pendant une demi-heure pour lire. Nous avons laissé faire.
Un point d’attention à la mer : les marées. Sur certains passages, la plage disparaît à marée haute. Nous avons consulté les horaires de marée la veille et choisi nos heures de passage en conséquence, avec les enfants, ce qui a été une belle occasion de leur montrer comment on lit un tableau de marées.
Le retour
Départ en milieu d’après-midi, route de retour vers Nantes en trois heures et demie environ. Les enfants ont dormi une bonne partie du trajet. Le soir, Ugo a tracé sur la carte le parcours que nous avions fait, et il a déjà proposé le prochain tronçon du GR 34.
Ce que nous retenons
- Un préado qui décide de l’itinéraire marche mieux et plus longtemps.
- Prévoir toujours une option de repli plus courte, pour ne pas transformer l’étape en bras de fer.
- Les pauses choisies par les enfants valent mieux que celles imposées par les adultes.
À savoir avant de partir
- Consulter les horaires de marée et la météo marine avant de partir.
- Chaussures de marche à semelle accrochante : le granit mouillé glisse.
- Coupe-vent, bonnet, crème solaire, car le vent est présent même par beau temps.
- Carte papier ou application hors ligne, et un point de repli identifié.
- Eau en quantité suffisante, avec un en-cas par personne.
- Respecter le sentier et ne pas descendre sur les zones signalées fragiles.
- Réserver l’hébergement à l’avance en été.
Horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment les marées et les transports.


