Observer & apprendre

Voir les phoques en baie de Somme avec des enfants : un week-end à l’heure des marées

  • Âgedès 5 ans
  • LieuBaie de Somme
  • Durée2 jours
Voir les phoques en baie de Somme avec des enfants : un week-end à l'heure des marées

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Le premier phoque, ce sont les enfants qui l’ont repéré, bien avant nous. Un point sombre sur un banc de sable, très loin, que nous avons pris pour un rocher jusqu’à ce qu’il lève la tête. Ce samedi-là, nous avions les jumelles dans le sac, deux enfants de cinq et neuf ans, et une seule règle pour le week-end : accepter que la nature fixe l’horaire, pas nous.

La baie de Somme est un excellent terrain pour apprendre à observer. Le paysage change toutes les heures avec la marée, les phoques gris et veaux marins s’y reposent sur les bancs de sable, et les oiseaux sont partout. Pour des enfants, c’est un spectacle lent, qui demande du silence et un peu de patience, mais qui récompense presque toujours.

Comment y aller

Depuis Paris, la baie se rejoint en train jusqu’à Abbeville ou Noyelles-sur-Mer, puis en petit train touristique ou en bus local vers Saint-Valery-sur-Somme et Le Crotoy. Comptez un peu plus de deux heures de trajet environ. En voiture, l’autoroute du nord puis les routes départementales demandent à peu près le même temps, avec un stationnement à prévoir à l’entrée des villages, qui se remplit vite les beaux week-ends.

Depuis Lille, c’est plus court, environ une heure et demie en voiture. Depuis Nantes, nous avons compté une journée de voyage, ce qui n’en fait pas une escapade de dernière minute : mieux vaut alors prévoir un troisième jour.

Samedi : la marée d’abord, le reste ensuite

La première chose à faire est d’ouvrir le calendrier des marées. Les phoques sortent sur les bancs de sable quand l’eau se retire, et ils sont les plus visibles aux alentours de la basse mer. Nous avons donc bâti la journée autour de l’horaire, et non l’inverse.

Le matin, nous avons marché dans Saint-Valery-sur-Somme, la ville haute, les remparts, le quai avec ses cabanes, le temps de laisser les enfants regarder les bateaux échoués sur la vase. Une cabane sert de point de repère : on y apprend que l’eau remonte vite, et que le sable où l’on marche peut devenir une rivière en quelques instants. C’est la meilleure leçon de prudence que nous ayons faite sans la prononcer comme une leçon.

L’après-midi, direction la pointe du Hourdel, au bout de la route, côté sud de la baie. C’est l’un des endroits les plus simples pour observer les phoques depuis la terre ferme, sans jamais s’approcher. Il y a un petit observatoire et un chemin le long de la digue. Nous avons sorti les jumelles, posé un plaid sur les galets, et attendu. Au bout d’une demi-heure, le banc s’est animé : des dizaines de têtes rondes, des corps qui se tortillent, quelques cris étranges qui ressemblent à un chant.

Avec un enfant de cinq ans, la règle était simple : on parle bas, on pointe du doigt, on ne court pas. Il a tenu quarante minutes, ce qui est un record.

Pour les plus jeunes, un jeu fonctionne bien : compter les têtes, puis recompter dix minutes plus tard. Pour les plus âgés, un petit carnet pour noter ce qui change, la position des animaux, la hauteur de l’eau, les oiseaux qui passent.

Dormir : une chambre simple près de la baie

Nous avons choisi une chambre d’hôtes de petite taille à Saint-Valery, dans la ville basse, à quelques minutes du quai à pied. Le Crotoy, de l’autre côté de la baie, propose aussi des chambres familiales proches de la plage. L’avantage du quartier du port est de pouvoir rentrer à pied après le dîner, quand les enfants sont fatigués, sans reprendre la voiture. Les hébergements affichent vite complet en haute saison : réserver tôt reste le conseil le plus utile.

Dimanche : les oiseaux et le temps de ralentir

Le dimanche matin, nous avons laissé la marée de côté pour nous tourner vers les oiseaux. Le parc ornithologique du Marquenterre, au nord de la baie, est un bon choix quand les enfants ont envie de bouger sans quitter le thème : des sentiers balisés, des observatoires couverts, des affûts à hauteur d’enfant. On y croise des spatules, des avocettes, des cigognes, et les observatoires donnent l’occasion de s’asseoir, ce qui change le rythme pour les petits marcheurs.

Nous y sommes restés environ deux heures et demie, avec une pause pique-nique. Pour les 5-6 ans, il vaut mieux viser un seul circuit court. Pour les 8-10 ans, la fiche d’identification des oiseaux, que l’on peut emporter, donne au parcours un côté chasse au trésor.

En fin de matinée, un dernier détour sur la plage du Crotoy a servi de récréation : sable, coquillages, pieds dans l’eau quand la mer revenait. Les enfants n’avaient plus besoin de jumelles pour être attentifs.

Apprendre la patience, une marée à la fois

Ce week-end a montré aux enfants quelque chose que nous n’avions pas prévu : certaines choses ne se commandent pas. Le jour où les phoques sont restés loin, nous avons simplement attendu, et la déception s’est transformée en jeu. Le plus âgé a proposé de parier sur l’heure de leur retour, et le plus jeune a gagné par chance.

Retour

Nous avons repris la route en début d’après-midi, avant l’heure où les départs se bloquent. En train, le trajet de retour vers Paris suit le même chemin qu’à l’aller, avec une correspondance possible à Abbeville. Il est plus agréable de ne pas viser le dernier départ du soir : les enfants s’endorment mieux dans un train calme que dans une gare animée.

À savoir avant de partir

  • Consulter les horaires de marée avant de réserver quoi que ce soit, et noter l’heure de la basse mer pour les deux jours.
  • Ne jamais laisser un enfant s’aventurer sur la vase ou les bancs de sable : l’eau remonte vite et les sables sont mouvants par endroits.
  • Rester à distance des phoques, à l’écart, sans jamais tenter de les approcher ni de les nourrir. Les jumelles sont là pour ça.
  • Prévoir des vêtements coupe-vent, même en été : le vent de la baie est frais.
  • Emporter une paire de bottes ou de chaussures qui peuvent se mouiller, un plaid, de l’eau et de quoi grignoter.
  • Pour la marche : des chaussures fermées, une casquette, de la crème solaire.
  • Réserver les chambres et les entrées de parc à l’avance en haute saison.

Les horaires et les durées indiqués ici sont approximatifs : horaires et durées à vérifier avant le départ, de même que les marées.

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