Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Petits Pas Dehors peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Il a plu presque toute la nuit sur la forêt d’Huelgoat, d’une pluie fine, régulière, qui tambourinait sur la toile. À sept heures, les deux enfants se sont assis dans leur duvet et ont demandé si on rentrait. Nous avons répondu que non, pas encore, et ce matin humide a fini par devenir l’un de leurs meilleurs souvenirs de camping.
Pourquoi Huelgoat, même sous la pluie
Le Finistère intérieur est réputé pour son climat changeant, ce qui en fait un bon terrain d’apprentissage pour les familles. La forêt d’Huelgoat et son chaos de rochers de granit, ses mousses, sa rivière qui se perd entre les blocs, restent beaux par temps gris. Les enfants de 5 à 10 ans y trouvent un décor de conte, et la pluie ajoute à l’ambiance plutôt qu’elle ne la gâche, à condition d’être bien équipés.
Comment s’y rendre
- En voiture depuis Rennes : environ deux heures, un peu plus depuis Nantes.
- En train : les gares de Morlaix ou de Quimper ne sont pas à côté, et la suite en bus est limitée. Nous avons gardé la voiture.
Samedi : arriver avant la pluie
La première règle du camping sous la pluie : monter la tente avant qu’elle ne tombe, ou au moins pendant une accalmie. Nous sommes arrivés vers midi, avec quelques gouttes. Nous avons commencé par la bâche d’abri, tendue au-dessus de la zone cuisine, puis monté la tente. Chaque vêtement est resté dans un sac étanche. Les enfants ont ensuite enfilé leurs cirés et leurs bottes, et la forêt est devenue leur terrain de jeu.
Nous avons marché environ une heure dans le chaos de rochers, puis visité la grotte du Diable, accessible par un sentier court. Les enfants ont inventé des histoires de lutins sous les gros blocs. Le sol, glissant, demande de la vigilance : nous avons tenu les plus petits par la main dans les passages en dévers.
Rester au sec dans la tente
- Entrée : une zone dédiée aux chaussures et vêtements mouillés, à l’abri, pour ne pas les amener dans la chambre.
- Sol : un tapis de sol sous la tente, un sursol (« footprint ») pour limiter l’humidité remontante.
- Ventilation : entrouvrir un peu pour limiter la condensation, même quand il pleut.
- Vêtements : un jeu sec réservé à la nuit, qu’on ne touche pas dans la journée.
- Toile : éviter de toucher les parois intérieures, ce qui fait passer l’eau.
Occuper les enfants
La pluie, c’est aussi du temps. Nous avons emporté un jeu de cartes, un carnet de coloriage, un livre à lire à voix haute. Dans l’abside, le plus jeune a trié des cailloux, l’aîné a dessiné la forêt. La règle : ne pas essayer d’occuper chaque minute. Un peu d’ennui, avec du matériel simple, produit souvent les meilleures idées.
Par temps de pluie, le plan B n’est pas une défaite : c’est ce qui permet de rester dehors avec le sourire.
Où dormir, et quand renoncer
Nous avons choisi un camping de type rural, à quelques minutes du village, avec un emplacement légèrement surélevé : l’eau s’écoule, la tente ne baigne pas dans une flaque. À éviter, les creux et les bas de pente. Nous avions aussi repéré, avant de partir, un hébergement en dur à proximité, utilisable en cas de pluie trop forte ou de froid. Rentrer ne signifie pas échouer : cela fait partie du jeu, et les enfants le comprennent bien si on le présente ainsi.
Dimanche : séchage et retour
La pluie s’est arrêtée vers dix heures. Nous avons étendu la toile quelques minutes pour qu’elle sèche avant le rangement, et rangé la tente en deux temps : le mouillé dans un sac séparé, à sécher à la maison dès le retour. Un dernier tour au bord de la rivière avant de partir, puis retour vers Rennes avec les bottes encore humides.
Le repas chaud, un vrai réconfort
Quand il pleut, un repas chaud change l’humeur de toute la famille. Nous avions prévu une soupe en brique, des pâtes et du chocolat chaud. Cuisiner sous l’auvent, avec le réchaud à distance de la toile, a pris un peu plus de temps, mais les enfants ont mangé avec plaisir, les mains autour du bol. Ne cuisinez jamais à l’intérieur de la tente : le risque d’incendie et d’intoxication au monoxyde de carbone est réel.
Ce que la pluie apprend aux enfants
Après ce week-end, nos enfants savent que le mauvais temps ne tue pas la sortie. Ils ont appris à enfiler leurs bottes sans aide, à secouer les capuches avant d’entrer, à ranger les affaires mouillées à leur place. Ce sont de petites compétences qui servent aussi à la maison.
À savoir avant de partir
- Emporter cirés, bottes et un pantalon de pluie pour chaque enfant.
- Prévoir une bâche ou un auvent pour la zone de vie.
- Garder des vêtements secs dans un sac étanche, réservés à la nuit.
- Prévoir un plan B (hébergement proche, un proche qui peut vous accueillir).
- Faire sécher la tente au retour pour éviter moisissures et odeurs.
- Consulter la météo la veille et le matin du départ, sans se fier à une seule application.
Horaires et durées à vérifier avant le départ : trajets, balades et conditions du terrain peuvent varier.


