Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Petits Pas Dehors peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Sur la côte du Croisic, la mer part loin, très loin, et laisse derrière elle un paysage de rochers noirs couverts d’algues, de flaques transparentes et de coquillages cachés. Les enfants adorent ça. Nous avons vu un petit de quatre ans passer une heure accroupi devant la même flaque, sans rien dire, à regarder un crabe changer de cachette.
L’estran, cette zone que la mer découvre et recouvre deux fois par jour, est un excellent terrain d’initiation à la nature. Il offre de la vie à hauteur d’enfant, sans équipement coûteux, et il enseigne une notion essentielle : la mer a ses horaires, et on les respecte.
Comment y aller
Depuis Nantes, Le Croisic se trouve à environ une heure et quart en voiture, via La Baule. En train, une ligne relie Nantes à La Baule et au Croisic avec un ou deux trajets directs selon les jours, pour environ une heure et demie de voyage. Depuis Paris, il existe des liaisons directes vers Le Croisic, pour un trajet de trois à quatre heures environ. Sur place, le centre se parcourt à pied.
Samedi : le port, puis la côte sauvage
Le matin, nous avons laissé les enfants découvrir le port du Croisic : les bateaux de pêche, les filets, le marché quand il y en a un, l’odeur de la mer. Un détour par l’aquarium de la ville permet de mettre des noms sur les espèces que l’on retrouvera ensuite sur les rochers, ce qui donne du sens à la promenade.
L’après-midi, direction la côte sauvage, au sud-ouest de la presqu’île, vers Batz-sur-Mer et le Pouliguen. C’est un secteur de rochers et de petites criques, accessible à pied par un sentier côtier sans difficulté. Nous avons consulté l’horaire de marée la veille, et nous sommes arrivés environ deux heures avant la basse mer, pour avoir le temps de descendre sans stress et de remonter avant que l’eau ne revienne.
La règle de base : on regarde, on soulève doucement un rocher pour voir dessous, et on le remet exactement comme il était. Les enfants comprennent vite qu’un abri retourné, c’est un animal sans maison. Nous avons trouvé des patelles, des anémones de mer, des bigorneaux, une petite crevette transparente dans une flaque, et le plus grand a découvert un oursin qu’il a refusé de toucher. C’était sage.
Dormir : à deux pas de la mer
Pour la nuit, nous avons choisi une location de vacances dans le quartier du port du Croisic, une maison de pêcheur transformée avec deux chambres. Le Pouliguen et Batz-sur-Mer proposent aussi des locations et des chambres d’hôtes, souvent plus calmes que les rues animées du centre de La Baule. L’avantage du Croisic, c’est de pouvoir tout faire à pied, y compris le dîner du soir sur le quai.
Le week-end, les hébergements se remplissent vite, surtout l’été et pendant les vacances scolaires. Mieux vaut réserver bien en avance, ou viser le printemps et l’automne.
Dimanche : la pêche à pied, avec la règle du jeu
Le dimanche matin, nous avons fait une vraie pêche à pied. Elle a ses règles, que nous avons apprises à la Maison de la pêche à pied locale ou auprès d’une association : tailles minimales de captures, quantités limitées, espèces autorisées. Ces règles évoluent selon les secteurs et la qualité de l’eau, et elles sont affichées sur les accès aux plages. Il est important de les consulter avant de partir, pour ne rien ramasser d’interdit.
Nous avons ramassé très peu, un petit seau de coquillages, et remis le reste à l’eau. La quantité n’était pas le but. Les enfants de six et neuf ans ont appris à mesurer une coquille avec un gabarit, à reconnaître les espèces qui sont protégées, et à respecter la marée montante : quand l’eau remonte, on remonte aussi, sans discuter.
Pour les plus jeunes, la pêche à pied est surtout une chasse aux trésors : seaux, épuisette, regard à ras de sol. Pour les 8-10 ans, le gabarit et le carnet des espèces donnent un côté jeu de rôle.
Comprendre la marée avec les enfants
Le soir, au dîner, nous avons expliqué la marée avec un verre d’eau et une assiette creuse. Le plus jeune a compris que la mer ne disparaît pas, qu’elle se déplace. Le plus âgé a voulu savoir pourquoi la Lune y est pour quelque chose, et nous avons cherché la réponse ensemble. Cette conversation de cuisine a donné au lendemain un sens que la balade seule n’aurait pas eu.
Pour fixer l’idée, un jeu : planter un bâton dans le sable au bord de l’eau, et revenir une heure plus tard pour voir ce que la mer a fait. Les enfants adorent cette mesure silencieuse du temps qui passe.
Retour
Nous avons rangé le matériel rincé dans le coffre, avant de reprendre la route en début d’après-midi. En train, il vaut mieux viser un départ en milieu d’après-midi pour éviter la foule du dimanche soir à la gare. Les enfants sentaient la mer et avaient du sable dans les poches, ce qui est le signe d’un bon week-end.
À savoir avant de partir
- Consulter les horaires de marée et ne descendre que sur une marée descendante, en arrivant au moins deux heures avant la basse mer.
- Surveiller en permanence la montée de l’eau : les rochers peuvent être coupés du rivage en peu de temps.
- Prévoir des chaussures fermées à semelles crantées, des bottes ou des chaussures d’eau : les rochers sont glissants.
- Emporter un seau, une épuisette, un gabarit de mesure, des gants, de l’eau potable et de la crème solaire.
- Vérifier les règles locales de pêche à pied et la qualité de l’eau avant de consommer quoi que ce soit.
- Remettre les pierres exactement comme elles étaient, et laisser les animaux dans leur flaque.
- Prévoir un coupe-vent : la côte sauvage est exposée.
Les durées indiquées sont approximatives : horaires et durées à vérifier avant le départ, ainsi que les horaires de marée du jour.


