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Le vent nous a accueillis avant la vue. Sur la digue du Crotoy, notre fille de dix mois a levé le menton, plissé les yeux et fixé l’horizon plat de la baie comme si elle avait reconnu quelque chose. Nous venions de rouler plus de deux heures depuis Paris, et ce moment a payé le trajet. La baie de Somme est un décor simple, presque vide, parfait pour un enfant qui commence à regarder loin.
Y aller depuis Paris
En voiture, il faut compter deux heures et demie environ depuis Paris, avec une pause à mi-chemin pour la tétée. Nous partons le vendredi en fin d’après-midi pour que le bébé dorme dans le siège, et nous arrivons à la nuit. En train, une liaison vers Abbeville puis un changement vers Noyelles-sur-Mer ou Rue est possible, mais les correspondances sont longues avec un tout-petit ; nous la réservons aux familles très à l’aise avec les trajets.
Samedi : la digue le matin, les oiseaux l’après-midi
Le matin, nous marchons sur la digue du Crotoy, un chemin plat et large où la poussette roule sans effort. Le bébé, lui, préfère le porte-bébé quand il y a du vent, car il reste au chaud contre nous. Nous marchons une heure environ, avec un arrêt pour regarder la marée si elle est haute. La baie est célèbre pour ses marées très fortes ; nous ne descendons jamais sur l’estran sans connaître l’heure exacte et sans rester tout près de la digue.
Après le déjeuner et la sieste dans le logement, nous partons vers le parc ornithologique du Marquenterre, au nord de la baie. C’est un endroit pensé pour marcher doucement : les allées sont larges, planes, accessibles à une poussette, et jalonnées d’observatoires où l’on peut s’asseoir à l’abri du vent. Notre fille n’identifiait aucun oiseau, mais le mouvement des spatules et des cigognes l’a tenue captivée un long moment. Nous y restons deux heures environ, pas davantage.
Ce qui compte avec un bébé de cet âge, c’est la qualité de la pause : un banc, un abri, un endroit pour changer une couche. Les parcs organisés offrent cela, et c’est une vraie différence avec un sentier sauvage.
Dimanche : phoques et petit-déjeuner lent
Le dimanche, nous partons plus tard. La matinée commence par un petit-déjeuner interminable, bébé sur les genoux, puis nous allons vers la pointe du Hourdel ou la zone autour de Saint-Valery-sur-Somme pour apercevoir les phoques, selon la marée. Les phoques se voient de loin, souvent à la jumelle, depuis le bord, et jamais d’assez près pour que ce soit un risque. Un bébé ne comprend pas ce qu’il regarde, mais il remarque très bien nos voix qui baissent d’un ton.
Nous gardons l’après-midi vide. Une fois, un ciel couvert nous a empêchés de sortir, et nous avons fini dans un café du Crotoy à regarder la pluie, ce qui était très bien aussi.
Où dormir
Nous choisissons un logement au Crotoy ou dans un village proche, de préférence avec une chambre à part pour le bébé. Une location de type gîte ou maison de pêcheur convient mieux qu’un hôtel : on cuisine, on réchauffe un biberon, on étend le linge humide. Le centre du Crotoy permet de tout faire à pied, ce qui évite de réinstaller le bébé dans la voiture à chaque sortie.
Il fait souvent frais le soir, même en été. Nous emportons un chauffage d’appoint seulement si l’hébergement le permet, et nous demandons toujours une literie bébé fournie.
Le retour
Le départ se fait en milieu d’après-midi. Le bébé s’endort presque tout de suite, bercé par la route. Nous évitons les départs tardifs le dimanche : les retours vers Paris peuvent être chargés, et un bébé réveillé dans les bouchons est une épreuve pour tout le monde. Compter à nouveau deux heures et demie environ, avec une marge pour une pause.
Le rythme d’une journée avec un bébé de cet âge
À dix mois, notre fille faisait deux siestes, une en fin de matinée et une courte en milieu d’après-midi. Nous avons construit le week-end autour d’elles plutôt que contre elles. Le matin, une sortie dehors ; le midi, un repas calme ; l’après-midi, une seconde sortie qui ne dépasse jamais deux heures. Ce découpage évite les crises de fin de journée et nous laisse du temps pour regarder le paysage au lieu de courir après l’horloge.
Un autre réflexe nous a beaucoup servi : choisir chaque soir la sortie du lendemain selon le vent et la marée, pas selon un programme écrit à l’avance. Dans la baie, la lumière change toutes les heures, et un matin de brume peut se transformer en après-midi lumineux. Rester souples nous a permis de saisir les bons moments sans forcer.
À savoir avant de partir
- Consulter les horaires de marée avant chaque sortie : la baie se couvre vite, et c’est le seul vrai risque du lieu.
- Emporter un bonnet et un coupe-vent même en été : le vent de la digue est froid pour un petit.
- Prévoir un porte-bébé pour les moments de vent et une poussette tout-terrain pour le parc.
- Prendre des jumelles légères : les oiseaux et les phoques se regardent de loin.
- Réserver à l’avance en haute saison : les logements familiaux partent tôt.
- Garder des vêtements de rechange : le sable et l’humidité s’invitent partout.
- Prévoir le lait et l’eau pour la journée : peu de points d’eau le long de la digue.
Rappel utile : horaires et durées à vérifier avant le départ, en particulier les marées et les ouvertures du parc ornithologique.


