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Un rocher gris, presque aussi haut que notre fille de quatre ans, se dresse au milieu du sentier. Elle pose les deux mains dessus, regarde vers nous et déclare qu’elle va monter. Nous lui montrons la prise, elle grimpe de quelques dizaines de centimètres, redescend en triomphe, recommence. C’est la forêt de Fontainebleau tout entière : des blocs de grès, du sable fin, des chemins larges, et des enfants qui y trouvent leur terrain de jeu sans qu’on ait rien organisé.
Comment y aller
Depuis Paris, le train est une bonne option. Les trains au départ de la gare de Lyon rejoignent Fontainebleau-Avon en environ 40 minutes, puis un bus ou un taxi rapproche de la ville ou de la lisière de la forêt. En voiture, comptez environ 1 h selon la circulation, avec le gros avantage de pouvoir stationner près d’un départ de sentier. Pour un week-end avec des enfants de 3 à 6 ans, nous préférons le train à l’aller, parce qu’un trajet sans volant se transforme en jeu d’observation par la fenêtre. Au retour, nous gardons un peu de marge, car les enfants s’endorment et les valises se multiplient.
Samedi : le circuit des rochers à hauteur d’enfant
La forêt est immense, mais nous avons appris à la découper. Le samedi matin, nous choisissons un circuit court, d’environ 1,5 à 2 km, autour des rochers d’Avon ou dans le secteur de la Mare aux Fées. L’idée n’est pas de marcher, mais de jouer en marchant : on grimpe sur un bloc, on cherche une forme d’animal dans la roche, on suit le tracé bleu ou jaune sans jamais sentir qu’il s’agit d’un parcours. Les marques peintes sur les troncs sont un bon jeu pour les 4-6 ans : « Où est la prochaine flèche ? » devient un défi qui les fait avancer plus vite que n’importe quel encouragement.
Pour les plus petits, nous évitons les passages où le sable devient mou : on s’y enfonce et la marche devient lente. Il y a aussi des zones de blocs où les crevasses sont profondes, et nous gardons alors la main de l’enfant dans la nôtre. Nous prenons soin de ne jamais laisser grimper un enfant plus haut que ce que nous pouvons rattraper à bout de bras. C’est notre règle, simple, et elle nous évite de commenter chaque escalade.
Pique-nique sur un tronc tombé, avec la forêt qui sent la résine et les feuilles chaudes. L’après-midi, nous rentrons en ville : le château de Fontainebleau et ses jardins offrent un contrepoint plus calme, avec des pelouses où les enfants courent et un grand étang où les carpes attirent tous les regards. Les sorties de ce genre sont bien plus courtes que les promenades en forêt, un peu plus d’une heure en tout, ce qui convient bien au rythme d’un après-midi.
Dimanche : un autre secteur, un autre jeu
Le lendemain, nous changeons de décor. Un secteur de plateau à la végétation plus claire, avec des chemins sablonneux, convient bien aux jeux de piste : nous cachons un petit objet, les enfants le cherchent, puis c’est leur tour de cacher. Nous marchons environ une heure, avec de nombreuses pauses, sans fixer de but précis. Notre cadet de trois ans ramasse des pommes de pin, notre aînée de cinq ans les trie par taille, et la matinée passe ainsi.
Ce qui nous frappe chaque fois, c’est le silence du sous-bois, qui change le comportement des enfants. Ils parlent plus bas, ils s’arrêtent pour écouter. Nous n’avons jamais eu besoin de leur demander de se taire. Pour ceux qui aiment les expériences, la forêt est aussi une salle de classe à ciel ouvert : les traces de pas dans le sable, les trous des insectes, les champignons que l’on regarde mais que l’on ne touche pas. Sur ce dernier point, nous répétons la consigne à chaque sortie : on regarde, on ne cueille pas, on ne goûte rien.
À cet âge, une forêt n’a pas besoin d’être parcourue. Il suffit qu’elle soit explorée en petits cercles autour d’un point de départ.
Où dormir
Pour une seule nuit, nous restons en ville, du côté du centre de Fontainebleau ou d’Avon : hôtels familiaux, chambres d’hôtes, petits appartements en location. L’intérêt, c’est de pouvoir dîner à pied, puis de ramener des enfants endormis sur l’épaule. Le quartier proche de la gare d’Avon est pratique si l’on arrive en train. Certains gîtes en lisière de forêt offrent un jardin, ce qui permet aux enfants de jouer dehors avant le coucher. Nous prévoyons toujours une chambre où les petits peuvent dormir près de nous, ce qui évite les réveils en cascade.
Le retour
Nous quittons Fontainebleau le dimanche vers la fin d’après-midi. Le train vers Paris reste la solution la plus calme, avec un trajet d’environ 40 minutes pendant lequel les enfants regardent leurs cailloux trouvés. En voiture, mieux vaut partir avant la pointe du soir. Nous laissons toujours un dernier créneau pour un goûter assis avant de reprendre la route : un enfant qui a mangé et qui s’est assis cinq minutes ne se plaint presque jamais du trajet.
À savoir avant de partir
- Choisir des chaussures fermées à semelle accrocheuse, les sandales glissent sur le grès.
- Prévoir un pantalon long, même l’été, pour les genoux et les ronces.
- Vérifier les tiques après la sortie, surtout dans les zones d’herbes hautes.
- Emporter de l’eau en quantité suffisante, il n’y a pas de point d’eau au cœur de la forêt.
- Se munir d’une carte du secteur, car le réseau mobile est irrégulier.
- Garder en tête que le sable chaud en été brûle les pieds nus des petits.
- Ne jamais laisser un enfant grimper plus haut que ce que l’adulte peut rattraper.
- Prévoir un sac pour les déchets, ce qui rend les enfants fiers de laisser la forêt propre.
Les durées indiquées ici sont des ordres de grandeur : horaires et durées à vérifier avant le départ, en particulier pour les trains et les ouvertures du château.


