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Le bateau s’est approché de l’île à vitesse réduite, et les enfants se sont tus presque en même temps. Une foule d’oiseaux blancs et noirs recouvraient la falaise, avec un bruit continu, un grondement de cris, d’ailes et de vent. Sur un rocher, tout près, un macareux nous regardait avec son bec coloré.
La réserve naturelle des Sept-Îles, au large de Perros-Guirec, est un site majeur pour les oiseaux marins, et les sorties en mer organisées permettent de la voir sans jamais débarquer, ce qui protège la colonie. Pour des enfants, c’est une expérience qui rassemble tout : un bateau, la mer, des animaux sauvages, et la sensation d’être au bord du monde.
Comment y aller
Depuis Rennes, Perros-Guirec est à environ deux heures et demie de route. Depuis Nantes, comptez environ trois heures et demie. En train, la gare de Lannion est la plus proche, avec une correspondance depuis Paris en environ quatre heures et demie à cinq heures de voyage, puis un bus ou une voiture jusqu’à Perros-Guirec, à une quinzaine de kilomètres. Pour un week-end avec des enfants, la voiture simplifie beaucoup la logistique, notamment pour atteindre le sentier des douaniers.
Samedi : la côte de Granit rose
Le samedi, nous avons marché sur le sentier des douaniers, de Ploumanac’h jusqu’à la plage de Trestraou. La côte de Granit rose offre un décor de rochers arrondis, de crêtes et de criques, où les enfants grimpent sans danger sur des blocs bas. La marche est facile, la distance modeste, et les enfants ont inventé un nom pour chaque rocher : le « chapeau », la « tortue », la « baleine ».
Nous avons fait une halte au phare de Ploumanac’h, à l’extrémité du sentier, et une autre pour pique-niquer sur une plage abritée. En fin d’après-midi, nous avons rejoint le port de Perros-Guirec pour repérer les départs des vedettes qui font le tour des îles. Une réservation à l’avance est utile, surtout en été.
Pour les enfants de six à dix ans, nous avons préparé une feuille avec cinq oiseaux à reconnaître : fou de Bassan, macareux moine, petit pingouin, goéland, cormoran. Une image par espèce suffit. Le jeu a donné aux enfants une vraie raison de regarder.
Dormir à Perros-Guirec
Nous avons logé dans une chambre d’hôtes proche du centre de Perros-Guirec, à quelques minutes à pied du port de plaisance et de la plage. Ploumanac’h propose aussi des locations de vacances au calme, avec vue sur la mer. Les petits hôtels familiaux du bord de mer sont plus pratiques pour les courts séjours, mais plus chers en haute saison. Comme partout en Bretagne en été, il est prudent de réserver longtemps à l’avance.
Dimanche : la sortie en mer
Le dimanche matin, nous avons pris la vedette pour la sortie vers les Sept-Îles. Le trajet dure environ une heure, avec un commentaire qui explique les espèces et l’histoire de la réserve. Le bateau fait le tour de l’île principale, l’île Rouzic, sans accoster. Les oiseaux sont visibles de près depuis le pont, et les enfants ont reçu des jumelles à partager.
La mer peut être agitée, et deux enfants ont eu un peu mal au cœur. Nous avions pris des gâteaux secs et de l’eau, et regardé l’horizon, ce qui a suffi. Le macareux n’est présent que pendant une partie de l’année, au printemps et au début de l’été, alors que fous de Bassan, goélands et cormorans sont plus faciles à voir. Se renseigner sur les périodes avant de réserver évite les déceptions.
Un enfant de sept ans a dit à voix basse : « Ils ne nous ont même pas regardés. » Il avait compris que le plus beau, c’est de ne pas déranger.
L’après-midi a été plus calme : un tour à la Maison de la Ligue pour la protection des oiseaux de la région, qui présente la réserve, ou une glace sur le port. Les enfants avaient besoin d’une pause, et nous aussi.
Une sortie en mer avec des enfants
Avant d’embarquer, nous avons expliqué aux enfants ce qui allait se passer : le bateau bouge, on reste assis quand il le faut, on ne crie pas près des oiseaux. Le plus âgé a pris cela très au sérieux et s’est improvisé responsable du silence. Le plus jeune a posé trois fois la même question sur la durée du trajet, ce qui est normal à son âge.
Une fois sur l’eau, l’attention s’est installée toute seule. Le spectacle suffisait. À l’arrivée, nous avons laissé les enfants raconter ce qu’ils avaient vu à un autre passager, ce qui a fait de la sortie un vrai souvenir à partager.
Retour
Nous avons repris la route à la fin de l’après-midi, avec des enfants fatigués et heureux. Pour ceux qui voyagent en train, mieux vaut viser un départ en début de soirée plutôt qu’à la dernière minute, car les correspondances à Lannion sont peu fréquentes.
À savoir avant de partir
- Réserver la sortie en bateau, car les départs sont limités et dépendent de la météo et de la marée.
- Se renseigner sur la période de présence des macareux, qui ne sont pas là toute l’année.
- Prévoir un vêtement chaud et coupe-vent même en été : le vent en mer est frais.
- Pour les enfants sensibles au mal de mer, un petit en-cas et un regard sur l’horizon aident ; consulter un pharmacien avant le départ.
- Des jumelles légères et un carnet permettent de transformer la sortie en jeu d’observation.
- Rester sur le sentier côtier : la falaise est fragile et certaines zones sont dangereuses.
- Ne jamais tenter d’approcher les oiseaux, ni sur l’eau ni sur la côte.
Les temps et les horaires cités sont des ordres de grandeur : horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment pour les vedettes et les trains.


