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La neige crisse sous les raquettes, la crête est encore loin, et Sacha, quatorze ans, a pris la tête de la file sans que personne ne le décide. Dans le Queyras, en hiver, nous avons testé avec des préados une formule de deux jours : une journée de raquettes, une nuit en refuge et un retour par un autre versant. La découverte d’un week-end dormi en altitude a enthousiasmé notre aîné et surpris sa petite sœur.
Pourquoi les raquettes et le refuge
Les raquettes ne demandent pas de technique, contrairement au ski, et un préado les maîtrise en quelques minutes. Elles ouvrent des paysages silencieux, loin des remontées mécaniques. Le refuge, de son côté, est une expérience en soi : un dortoir, un repas partagé avec d’autres randonneurs, une soirée sans écran. Pour les 10-14 ans, c’est une première forme d’autonomie douce, avec un cadre qui rassure.
Nous avons choisi un refuge gardé, c’est-à-dire tenu par un gardien qui sert le dîner et le petit-déjeuner, et nous l’avons réservé à l’avance. Nous avons demandé l’âge minimum d’accueil, la composition des dortoirs et ce qu’il fallait apporter, par exemple un drap de sac.
Y aller
Depuis Grenoble, comptez trois heures environ de route jusqu’au Queyras, par Gap puis la vallée de la Durance et le col d’Izoard ou Guillestre, selon l’état des routes en hiver. Depuis Briançon, c’est plus court, une heure environ. Les routes d’altitude peuvent exiger des équipements spéciaux ; nous avons vérifié l’état de la route avant de partir. Un train jusqu’à Mont-Dauphin ou Briançon puis un bus ou un taxi est possible : à vérifier à l’avance.
Samedi : la montée vers le refuge
Nous avons laissé la voiture au départ d’un sentier d’hiver, loué les raquettes et les bâtons dans une station proche, puis monté par une pente douce dans la forêt de mélèzes. Les enfants s’amusaient à tracer leurs propres traces dans la neige fraîche, à lire les empreintes de renards et de lièvres, à attraper des flocons sur leur langue. Nous avons marché lentement, avec des pauses régulières pour boire et manger, car le froid fait dépenser de l’énergie sans qu’on le remarque.
Le trajet vers le refuge a pris environ trois à quatre heures, avec les arrêts. Nous avions prévu d’arriver avant la fin de l’après-midi, car la lumière baisse vite en hiver. Sacha a compris pourquoi nous insistions pour partir tôt. À l’arrivée, le refuge était chaud, avec une odeur de soupe et de bois, des chaussons à enfiler à l’entrée, des vêtements humides qui séchaient près du poêle.
La nuit en refuge
Nous avons dormi dans un dortoir partagé avec d’autres familles, sur des lits superposés avec couvertures fournies. Chacun a emporté son drap de sac, une lampe frontale et des bouchons d’oreilles, ce qui a été utile. Le dîner a été servi à heure fixe, à une grande table, et les enfants ont discuté avec un couple de randonneurs qui leur ont raconté leurs plus belles sorties. Après le repas, une partie de cartes, puis extinction des lumières tôt. Une sortie dans la nuit pour regarder les étoiles a vite fait l’unanimité, malgré le froid, car le ciel du Queyras est très dégagé.
Dimanche : un autre versant
Le matin, petit-déjeuner à la table commune, puis départ par un itinéraire différent, plus court, qui contourne un vallon avant de rejoindre la vallée. Les enfants avaient un peu de mal à quitter le refuge. Nous avons marché en prenant le temps, avec des pauses fréquentes et une halte pique-nique face à un grand panorama. Le gardien nous avait conseillé de vérifier le risque d’avalanche, ce que nous avons fait la veille et le matin même, en consultant le bulletin de la zone.
Ce point est essentiel : en hiver, on ne sort pas sans s’informer des conditions de neige et sans choisir un itinéraire adapté, hors des pentes exposées. Nous avons expliqué à Sacha pourquoi nous renoncions à une variante plus belle mais plus risquée. Il a compris, et même proposé de rester sur le sentier balisé.
Le retour
De retour à la voiture en début d’après-midi, nous avons rendu les raquettes, bu un chocolat chaud dans un café du village et pris la route vers Grenoble. Trois heures environ de trajet, avec les enfants endormis à l’arrière, les joues rouges de froid. Sacha a déjà demandé quand nous refaisions un refuge, en été cette fois.
À savoir avant de partir
- Consulter le bulletin d’avalanche et la météo, la veille et le matin du départ.
- Réserver le refuge à l’avance et se renseigner sur l’âge d’accueil et le matériel à apporter.
- S’habiller en plusieurs couches, avec gants de rechange, bonnet, lunettes ou masque, crème solaire (la neige réverbère).
- Emporter drap de sac, lampe frontale, bouchons d’oreilles, une bouteille isotherme.
- Vérifier l’état des routes et les équipements obligatoires l’hiver.
- Rester sur des itinéraires balisés et éviter les pentes exposées.
- Prévoir un horaire de retour confortable avant la nuit.
Horaires et durées à vérifier avant le départ, ainsi que l’état de la neige et des routes.


