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Notre aîné avait deux ans et demi quand il a posé les deux mains à plat sur un grès de Fontainebleau, comme pour vérifier qu’il était vraiment solide. Il a ensuite passé vingt minutes à y grimper de dix centimètres, à redescendre, à recommencer. Nous n’avions rien prévu d’autre ce samedi-là, et nous n’avons rien manqué. La forêt de Fontainebleau est un terrain de jeu pour un tout-petit, à condition de ne pas viser de distance.
Y aller depuis Paris, sans voiture
Le train part de la gare de Lyon et rejoint Fontainebleau-Avon en quarante minutes environ. Le trajet est court, ce qui convient aux enfants qui s’ennuient vite. De la gare, un bus ou un taxi mène au centre de Fontainebleau puis vers la lisière de la forêt. Avec une poussette pliante, tout se fait sans souci ; nous évitons simplement les heures de pointe du vendredi soir.
Pour un tout-petit, le train est un jeu en soi. Nous gardons un livre d’images et deux petits objets, et l’attention suffit pour toute la durée.
Samedi : un rocher, un chemin, une longue pause
Nous commençons tôt, avant que la forêt se remplisse de grimpeurs. Les secteurs proches de la lisière, autour de Fontainebleau, offrent des blocs bas et des sentiers sablonneux, plats par endroits. Le sable est une bénédiction pour un enfant de deux ans : il creuse, il verse, il goûte parfois. Nous gardons toujours une bouteille d’eau et un mouchoir à portée.
Pour la poussette, il faut vérifier le terrain : certains chemins sont trop sableux pour des petites roues. Le porte-bébé dorsal ou ventral règle la question, et un enfant de plus de deux ans marche volontiers par tranches de dix minutes avant de réclamer les bras. Nous planifions quarante minutes de marche en tout, puis une longue pause à l’ombre.
Le déjeuner se prend en ville, car les pique-niques en forêt demandent d’emporter beaucoup. Ensuite, sieste à l’hébergement. L’après-midi, nous visitons les jardins du château de Fontainebleau : la grande pelouse et le bassin des carpes plaisent aux petits, et l’on peut y marcher à plat sans se soucier du terrain. Une heure suffit largement.
Dimanche : la forêt autrement
Le dimanche, nous retournons en forêt avec un objectif minuscule : trouver un rocher différent, regarder une fourmilière, ramasser trois pommes de pin. Il y a un côté très reposant à ne rien chercher d’autre. L’enfant raconte, nous écoutons. Le sentier devient une conversation.
Un détail pratique : les blocs de grès peuvent être glissants après la pluie, et les crevasses entre deux rochers sont des pièges pour de petits pieds. Nous restons à portée de bras, surtout quand l’enfant grimpe. Les rochers hauts sont réservés aux plus grands.
Où dormir
Pour une première nuit loin de Paris, nous choisissons une chambre d’hôtes ou un petit hôtel dans le centre de Fontainebleau ou à Avon. On y arrive à pied depuis la gare, ce qui évite de porter les bagages sur de longues distances. Avoir un lit adapté ou un lit parapluie fourni change tout, et nous le demandons avant de réserver. La proximité de la forêt est un plus, mais le calme de la chambre compte davantage.
Le retour
Nous reprenons le train en fin d’après-midi, vers seize ou dix-sept heures. Le trajet de retour dure quarante minutes environ ; les enfants dorment souvent, la tête contre le sac. Nous évitons de partir trop tard le dimanche, car les trains sont plus chargés et l’enfant fatigué supporte mal la foule. À l’arrivée à Paris, un bain tiède et un repas simple remettent tout le monde sur les rails.
Ce que l’enfant fait vraiment en forêt
Ce qui nous a surpris, c’est la variété de ce qu’un enfant de deux ans trouve à faire sur un sentier de dix mètres. Il ramasse, il empile, il goûte une feuille, il parle à un tronc. Nous avons arrêté de lui demander de marcher et nous avons commencé à le suivre. La sortie a changé de nature : elle n’est plus un déplacement, c’est un terrain de jeu qui se promène lentement avec lui.
Pour nous, adultes, cela suppose d’accepter un rythme très lent. Nous avons pris l’habitude d’emporter un livre ou un thermos de thé, pour que l’attente devienne un plaisir et non une impatience. Le sentier de quarante minutes se transforme en matinée entière, et personne ne s’en plaint.
À savoir avant de partir
- Prendre des chaussures fermées à semelle souple : le sable entre dans les sandales et les rochers abîment les orteils.
- Emporter un porte-bébé même avec une poussette : les sentiers sableux la mettent en difficulté.
- Garder des lingettes et un sac pour les vêtements sableux ou mouillés.
- Regarder la météo : la forêt est agréable par temps sec, mais glissante et boueuse après de grosses pluies.
- Vérifier les tiques en rentrant, comme après toute sortie en forêt ; un coup d’œil sur la peau et les cheveux suffit.
- Prévoir une casquette à large bord l’été : les clairières sablonneuses réverbèrent la chaleur.
- Réserver l’hébergement à l’avance si le séjour tombe un week-end de beau temps.
Dernier rappel : horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment les horaires de train et d’ouverture du château.


