Avec les 10-14 ans

Le Hohneck dans les Vosges, un week-end planifié par les préados

  • Âge11-14 ans
  • LieuVosges, Hohneck
  • Durée2 jours
Le Hohneck dans les Vosges, un week-end planifié par les préados

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Trois feuilles A4 collées au mur du salon, un feutre pour chacun et une carte des Vosges étalée sur la table : le projet du week-end appartient aux enfants. Chloé, quatorze ans, a tracé un trait jusqu’au Hohneck, l’un des grands sommets du massif, et son frère de onze ans a entouré un lac au pied de la crête. Nous avons organisé deux jours autour de leurs choix, au départ de Colmar, et cela a changé la façon dont ils marchent.

Comment lancer la planification

Nous avons donné trois cadres, pas plus : un budget temps (deux jours), une contrainte de sécurité (retour avant la nuit, météo vérifiée) et une limite de dénivelé que nous jugions raisonnable pour le plus jeune. À l’intérieur, tout était négociable. Les enfants ont comparé des itinéraires sur la carte, lu les descriptions de randonnées, cherché où manger à midi. Ils ont même ouvert l’application de météo de montagne et expliqué à leur père pourquoi samedi valait mieux que dimanche.

Ce travail prend une soirée, mais il fait gagner du temps sur le terrain : personne ne conteste un itinéraire qu’il a soi-même dessiné. Nous avons gardé une carte papier dans le sac, que l’un des enfants avait le droit de consulter à chaque croisement.

Y aller

De Colmar, la route monte vers la vallée de Munster en trente à quarante minutes environ, puis grimpe vers le col de la Schlucht par des virages bien tenus. Depuis Strasbourg, comptez une heure et demie environ, de Mulhouse un peu moins. Sans voiture, un train mène à Munster, mais les liaisons vers les crêtes sont limitées : mieux vaut vérifier avant. Nous sommes partis le samedi matin tôt pour profiter de la lumière.

Samedi : la montée choisie

Départ du col de la Schlucht, sentier qui monte vers le Hohneck à travers une forêt, puis des pelouses d’altitude et des chaumes. Chloé tenait la carte, son frère donnait le rythme à l’aide d’un bâton ramassé en chemin. Les enfants ont choisi une pause à un point de vue sur la vallée, où nous avons mangé des sandwiches et regardé un faucon tourner. La montée nous a pris deux à trois heures environ, avec nos arrêts.

Au sommet, le vent était frais et la vue dégagée, avec les Alpes visibles à l’horizon quand l’air est clair, nous a-t-on dit. Pour nous, le plus beau moment a été la descente vers le lac du Schiessrothried, que le petit avait entouré sur la carte. Les enfants ont mis leurs pieds dans l’eau froide, mangé du chocolat, parlé de la prochaine sortie. Nous avons laissé durer ce temps sans regarder l’heure plus que nécessaire.

Un point de vigilance : en montagne, la météo change vite. Nous avions décidé avant le départ d’une heure limite de retour au parking, et de renoncer au sommet si le ciel se bouchait. Les enfants avaient écrit eux-mêmes cette règle sur leur plan, ce qui nous a évité d’avoir à la leur imposer.

La nuit

Nous avons dormi dans une auberge de montagne sur les hauteurs de la vallée de Munster, un type d’hébergement fréquent dans les Vosges, avec repas du soir sur place. Un gîte d’étape ou un petit hôtel de village conviennent aussi. Ce que nous avons recherché : pouvoir dîner sans reprendre la voiture et se coucher tôt. Nous avons réservé à l’avance, car les week-ends de beau temps sont chargés. Les enfants ont dormi comme des pierres.

Dimanche : la promenade des enfants

Le dimanche, ils avaient prévu une balade plus douce le long de la Route des Crêtes, avec arrêt dans une ferme-auberge pour goûter. Nous leur avions demandé de prévoir une étape plus courte, car la fatigue du samedi pèse. Ils l’ont fait, avec une seule contrainte de leur côté : rentrer en voiture à une heure précise pour une partie de jeu de société prévue en famille. Nous avons trouvé cela très juste.

La balade a suivi une crête ouverte, des tourbières, des vues sur les ballons. Nous avons croisé quelques chamois de loin, au bord d’un sentier, ce qui a donné lieu à une discussion animée sur la façon de se taire pour les observer. Un préado qui a décidé du parcours est plus enclin à jouer le jeu du silence.

Le retour

Départ en milieu d’après-midi, route vers Colmar en trente à quarante minutes environ. Chloé a rangé les cartes et noté, sur la dernière feuille collée au mur, les choses à améliorer : plus d’eau, un goûter plus riche, un bonnet. Cette liste est devenue la base de la préparation suivante.

Ce que ça change vraiment

  • Les enfants s’impliquent davantage quand le choix leur appartient, même s’il reste dans un cadre fixé par l’adulte.
  • Ils apprennent à estimer une distance, un temps, un effort, ce qui leur sert ailleurs.
  • Une erreur d’itinéraire assumée par eux se vit mieux qu’une erreur imposée.

À savoir avant de partir

  • Vérifier la météo de montagne la veille et le matin même, et fixer une heure limite de retour.
  • Prévoir une option de repli plus courte pour chaque étape.
  • Vêtements en couches, coupe-vent, bonnet, même l’été sur les crêtes.
  • Eau, en-cas, carte papier, batterie de téléphone pleine.
  • Chaussures de randonnée adaptées, déjà portées avant le week-end.
  • Réserver l’auberge ou le gîte à l’avance.
  • Rester sur les sentiers balisés, en particulier dans les zones de tourbières et de quiétude de la faune.

Horaires et durées à vérifier avant le départ, ainsi que l’ouverture de la Route des Crêtes selon la saison.

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